Entre la multiplication de contenus générés en secondes, l’émergence de deepfakes vidéo et l’entrée en vigueur du New York FAIR News Act en 2026, les newsrooms doivent se doter d’outils et de processus pour identifier et labéliser le contenu IA avant publication. Découvrez le framework opérationnel en 5 étapes, les signaux de détection et vos obligations légales.
Pourquoi la détection IA devient urgente pour la presse
Le phénomène est mesurable et accélère. La conférence ICML 2026, sommet majeur en apprentissage automatique, a reçu plus de 24 000 soumissions — 2,5 fois plus qu’en 2025. Sur arXiv, le serveur de prépublication référence, le nombre de rejets mensuels a explosé : multiplication par cinq depuis novembre 2022 et le lancement de ChatGPT.
Raphael Wimmer, de l’université de Regensburg, a généré un faux papier de recherche entièrement viable en 54 secondes avec Prism d’OpenAI. Les chercheurs produisent désormais des articles en minutes.
Deepfakes : du laboratoire à la salle de rédaction
Mais la menace dépasse l’académie. ByteDance a lancé Seedance 2.0, capable de générer des vidéos deepfake cinématiques indistinguibles du réel : Tom Cruise combattant Brad Pitt, fin alternative de Game of Thrones, Rocky Balboa partageant un repas avec Optimus Prime. Ces contenus circulent déjà largement.
La Motion Picture Association et SAG-AFTRA les dénoncent comme vols de contenu protégé par droit d’auteur — une menace bien réelle pour la presse quand elle réutilise des clips ou images sans vérification.
Régulation en accélération : le New York FAIR News Act
Le 3 février 2026, la sénatrice Patricia Fahy et l’assemblymember Nily Rozic ont présenté le New York FAIR News Act (Fundamental Artificial Intelligence Requirements in News). Ce texte impose à toute organisation de presse :
- Étiquetage explicite du contenu généré par IA.
- Révision humaine obligatoire avant publication.
- Protections des sources journalistiques contre l’accès IA.
- Interdiction de réductions d’effectif liées à l’adoption IA.
Si adoptée, cette loi entre en vigueur 60 jours après la signature — potentiellement mai 2026.
Le diagnostic est clair : volume explosif de contenu synthétique, qualité dégradée, deepfakes convaincants, cadre légal durci. Les newsrooms n’ont pas le choix. Elles doivent mettre en place un framework de détection et de gestion.
Reconnaître le contenu IA : les signaux avant-coureurs
Aucun outil ne détecte l’IA avec 100 % de certitude. Paul Ginsparg, co-fondateur d’arXiv et chercheur à Cornell, parle d’une « menace existentielle » pour la révision par les pairs : il est devenu impossible de détecter un papier généré par IA en le survolant.
Cela signifie qu’une détection fiable repose d’abord sur l’attention humaine, entraînée à repérer des signes textuels, structurels et éthiques.
Signaux textuels : le style qui trahit
L’IA générative produit un langage reconnaissable quand on sait où regarder.
Formules modèles et répétitions
Les textes IA-générés ouvrent souvent par des phrasés identiques : « Delve into », « Seamlessly integrate », « The intersection of ». Ils répètent des structures grammaticales d’un paragraphe à l’autre. Un article rédigé par un humain aura plus de variation naturelle dans l’amorce et la progression.
Absence de fautes ou texte trop parfait
L’IA génère un texte syntaxiquement quasi impeccable, sans les typos, hésitations ou reformulations que laissent les rédacteurs humains en premier jet. Si un texte soumis sous deadline est trop parfait orthographiquement, c’est un signal suspect.
Ton uniformément académique
Même sur des sujets d’actualité ou culture générale, l’IA-généré adopte un ton homogène, légèrement hyperformel, comme provenant d’un manuel scolaire. Les journalistes varient naturellement leur ton : plus direct en ouverture, plus nuancé en analyse, parfois personnel. L’IA ne varie presque jamais.
Citations halluccinées ou génériques
L’IA fabrique des citations plausibles mais fausses, des auteurs qui n’existent pas, des chiffres « plausibles ». Plus subtilement, elle cite toujours les mêmes sources canoniques, jamais le petit article fouillé d’une revue mineure. Un article rédigé par un humain aura des citations plus disparates, fruit d’une vraie recherche.
Signaux structurels : l'absence d'originalité
Au-delà du texte, c’est la structure qui trahit l’IA.
Absence de reporting original
L’IA générative compile et synthétise. Elle ne contacte pas de sources, n’obtient pas d’interviews exclusives, ne visite pas le terrain. Si un article prétend couvrir un sujet local sans jamais nommer une personne contactée, sans anecdote terrain, sans accès à données propriétaires, c’est un feu rouge majeur.
Chronologie bancale
Les contenus IA-générés mélangent souvent les dates ou les contextes, car ils synthétisent du texte sans vraiment comprendre la causalité temporelle. Un événement est daté 2024 dans un paragraphe, puis traité comme 2025 plus loin.
Résumés qui ressemblent à du synthétique
Si un article commence par une introduction synthétique qui aurait pu être générée par Claude ou ChatGPT sur demande, c’est qu’elle l’a probablement été. Le style de cette intro est inconfondible : cohérent mais lissé, sans les accrocs d’une vraie synthèse humaine.
Signaux métier : l'absence d'éthique journalistique
C’est le filtre le plus simple et le plus fiable.
Aucune trace de source confidentielle
Les vrais articles d’investigation s’appuient sur des sources de terrain. L’IA, n’ayant accès à aucune source confidentielle ou non publique, ne peut que compiler du public. Si l’article n’offre rien que Google ne donnerait, c’est suspect.
Pas d'angle spécifique géographique ou temporel
Les journalistes ancrent leurs histoires. Ils couvrent une conférence parce qu’ils y étaient, une réforme locale parce qu’elle affecte leur région, un événement hier. L’IA-généré est atemporel, générique, applicable partout — aucune trace du travail d’ancrage journalistique.
Absence de clarification de conflits d'intérêts
Si vous voyez un article qui promeut un produit sans jamais noter les liens commerciaux de l’auteur ou la participation de l’entreprise, c’est un profil IA-généré typique.
Workflow d'audit IA en newsroom : 5 étapes opérationnelles
Mettre en place la détection, c’est construire un workflow qui capture le contenu IA à chaque étape — avant que le rédacteur ne le rédige, pendant la révision, avant la publication.
Étape 1 : Déclaration & intention
Le filtre le plus simple est la franchise. Si vous utilisez une IA générative pour rédiger une partie substantielle d’un article, déclarez-le immédiatement auprès de votre éditeur.
Cela crée une trace documentée et force une pause réflexive sur le seuil de conformité. À préciser :
- Quel outil IA ? (ChatGPT, Claude, autre)
- Quel scope ? (brainstorm, résumé de sources, ou rédaction du corps entier)
- Quel pourcentage du texte final ?
Cette clarification importe légalement. Le New York FAIR News Act parle de contenu « substantiellement » créé par IA. Le seuil légal reste flou, mais la bonne pratique est : si plus de 30 % du contenu final est issu d’une sortie IA non révisée, c’est IA-contenu. Documenter cette déclaration, c’est se protéger.
Créez un formulaire interne simple documentant titre, outil utilisé, portions concernées, date et rédacteur. Cet artefact devient votre piste d’audit.
Étape 2 : Scan automatisé
Des outils comme Copyleaks, GPTZero, Turnitin, Content at Scale proposent une API pour scanner du texte et estimer la probabilité qu’il soit généré par IA. OpenAI, Anthropic et Google proposent aussi des APIs de modération.
Ce n’est pas une preuve en soi. Faux positifs et faux négatifs existent. Aucun n’approche 100 % de fiabilité.
Utilisez ces outils comme signal, non comme verdict. Mettez en place un scan automatique à la soumission ou au premier passage rédacteur. L’outil ne doit jamais bloquer seul. Au contraire, il doit signaler « potentiel contenu IA » à l’éditeur pour escalade.
Cadre de seuil :
- Score > 70 % : probabilité IA élevée → escaladez vers la vérification manuelle.
- 40–70 % : signal ambigu → allez à la vérification manuelle quand même.
- < 40 % : faible probabilité → vous pouvez avancer, mais gardez le doute.
Étape 3 : Vérification de fond
C’est l’étape que le New York FAIR News Act mandate explicitement : « All AI-created stories, audio, visuals, images must be reviewed by human employee with editorial control before publication. »
L’éditeur ou un pair réviseur doit :
Vérifier chaque source citée. Ouvrez les URLs, lisez les articles cités, comparez les chiffres. L’IA invente des données plausibles. Cette étape détecte 80 % des fakes. Si une citation n’existe pas ou est mal attribuée, c’est un signal d’alerte majeur.
Tester les prétentions du texte. Si l’article dit « selon une étude 2024 de Stanford », allez chercher sur Google Scholar. Si l’article cite un expert, regardez ses publications récentes pour valider le contexte.
Scruter les anomalies structurelles. Lisez l’article en cherchant les signaux énumérés ci-dessus : répétitions de formules, chronologie bancale, absence de scoop ou de détail terrain. Comparez avec les articles que vous publiez normalement — ce ton est-il cohérent avec votre newsroom ?
Isoler et réécrire les portions suspectes. Si certains paragraphes passent les tests et d’autres non, isolez les sections suspectes et réécrivez-les vous-même ou avec assistance humaine minimale.
Temps estimé : 15–20 min par article. C’est de la révision classique amplifiée, à intégrer dans votre workflow éditorial existant.
Étape 4 : Sourcing & confidentialité
Le New York FAIR News Act impose des « safeguards » pour les sources journalistiques : « Protections for journalist sources and confidential materials from AI access. »
Avant de passer un texte en IA générative, nettoyez les données sensibles. Ne transmettez jamais :
- Les noms de sources confidentielles, même anonymisées.
- Les matériaux d’investigation non publiés.
- Les données propriétaires de votre newsroom.
- Les identifiants d’employés ou données RH.
Établissez une checklist « matériaux sûrs pour IA » :
Autorisés : Articles publics, données de domaine public, stats gouvernementales.
Interdits : Notes d’interview confidentielles, emails non publiés de sources, données d’utilisateurs.
Documentez qui a accédé à quoi et quand. C’est votre audit trail légal.
Étape 5 : Étiquetage & transparence
Le New York FAIR News Act exige : « Clear disclaimers when AI used substantively in news. Audio: audible disclosure at start of report. Written: conspicuous label. »
Pour du contenu audio ou podcast :
Placez une déclaration orale en début de segment :
Cet article a été substantiellement créé avec assistance IA.
Durée : 5–10 sec. C’est audible, honnête, juridiquement conforme.
Pour du contenu écrit :
Placez un label visible en haut de l’article, avant le chapô, en gras :
Note de transparence : Cet article a été substantiellement créé avec assistance IA et révisé par un éditeur humain.
Ou, si l’IA n’a qu’assisté :
Note de transparence : Cet article a bénéficié d’outils IA pour la recherche et la révision.
Le mot-clé : substantiellement. Si l’IA a juste corrigé la grammaire, vous n’êtes pas obligé de le crier. Mais si plus de 30 % du contenu final vient d’une génération IA non révisée, oui.
Pour les images :
Si une image est générée par IA ou modifiée substantiellement par IA, labélisez-la en balise alt, caption ou note contextuelle :
Illustration : générée par IA à titre d’illustration conceptuelle.
Outils & technologie : état du marché
Aucun outil ne résout le problème seul. Plusieurs catégories existent et peuvent s’intégrer dans votre workflow.
Détecteurs de texte IA
Copyleaks, GPTZero, Content at Scale et les APIs d’OpenAI, Anthropic et Google permettent de scanner du texte et d’estimer la probabilité IA. Faux positifs et faux négatifs existent. Aucun n’approche 100 % de fiabilité.
Utilité réelle : pas un verdict, mais un drapeau. Intégrez ces outils en amont, laissez-les signaler les cas douteux, puis appliquez la révision humaine.
Détection multimodale
L’OpenAI Moderation API, mise à jour régulièrement, couvre texte, image et audio. C’est plus utile si vous couvrez contenu multimedia.
Limitation : pas optimisée pour la presse. Le modèle vise plutôt content safety. Pour détecter un deepfake politique convaincant, vous auriez besoin d’outils spécialisés.
Content Credentials & provenance
La Coalition for Content Provenance and Authenticity (C2PA) développe un standard de métadonnées qui tague l’origine, l’auteur et les éditions successives d’un contenu. Certaines plateformes (Adobe, BBC, TikTok) commencent à l’adopter.
Utilité future : si ce standard devient universel, vous saurez d’un coup d’œil si une image a été modifiée par IA.
Workflows human-in-the-loop
Les grandes plateformes (Roblox, YouTube, Meta) utilisent un modèle hybride : l’IA détecte automatiquement les signaux suspects ; les modérateurs humains examinent les cas flaggés ; escalade et revue périodique.
Roblox modère plus d’un milliard d’éléments par jour avec un taux de rejet final de 0,01 %. Le secret : humains sur les cas ambigus, IA sur le triage brut.
Pour newsroom : automatisez le triage basique, manualisez la révision de fond.
Responsabilités légales : le New York FAIR News Act
Le New York FAIR News Act, s’il est adopté, impose des obligations précises. Même pour les newsrooms en dehors de New York, ce framework deviendra probablement un modèle national ou international.
Obligations de divulgation
Qui doit labéliser : Toute organisation de presse — broadcast, podcast, print, digital.
Quoi labéliser : Tout contenu « substantiellement créé » par IA. Le mot « substantiellement » n’a pas de seuil légal précis, mais l’intention est claire : si plus d’une portion minoritaire provient d’une IA sans révision substantielle, c’est IA-contenu.
Comment labéliser :
- Audio : Disclosure audible en début de report.
- Écrit : Étiquette bien visible, haut de l’article, avant le texte.
Où placer : Visible au premier coup d’œil. Pas en bas de page ou dans un footer discret. C’est une transparence, pas un secret.
Révision humaine obligatoire
La loi est explicite : « All AI-created news content, audio, images, visuals must be reviewed and edited by a human employee with editorial control before publication. »
Qui : Un employé avec autorité éditoriale, généralement un éditeur, rédacteur en chef ou manager du contenu.
Quand : Avant publication.
Documentation : Vous devez pouvoir prouver cette révision. Audit trail = qui a révisé, quand, notes de changements.
Interdictions sur l'emploi
La loi interdit les réductions d’effectif motivées par l’adoption d’IA, les réductions d’heures ou de salaires liées à l’IA, et l’érosion des conventions collectives.
Implication : vous ne pouvez pas licencier trois rédacteurs en disant « l’IA les remplace ». Vous devez maintenir le niveau d’emploi en journalisme.
Protections de sources et confidentialité
La loi impose des « safeguards » pour les sources journalistiques et matériaux confidentiels. Traduction opérationnelle : ne pas laisser l’IA accéder aux contacts sources, emails d’interview ou matériaux d’investigation. Nettoyer les données avant passage en IA générative. Documenter l’accès.
Responsabilité : La newsroom est responsable. Si une source est exposée parce qu’elle a été passée à ChatGPT par erreur, c’est une violation.
Cas limites : quand labéliser, quand ne pas labéliser
La vie réelle est plus nuancée que les règles. Voici un arbre décisionnel pour les zones grises.
IA pour assistance
Brainstorm IA
Vous utilisez ChatGPT pour brainstormer des angles, puis vous rédigez l’article entièrement.
Résultat : pas IA-contenu. Pas de label nécessaire. L’IA était un outil de pensée, pas auteur.
Génération partielle
Vous laissez ChatGPT générer 3 paragraphes, vous les réécrivez légèrement, et publiez.
Résultat : IA-contenu. Label obligatoire, car 60–80 % du contenu provient d’une génération IA.
Correction grammaticale
ChatGPT corrige l’orthographe d’un texte que vous avez rédigé.
Résultat : borderline. Si la structure, l’idée, les sources et le détail terrain sont vôtres et l’IA a juste lissé, techniquement pas IA-contenu. Mais labélisez si vous avez un doute. La transparence ne fait jamais mal.
Traduction et transcription IA
Transcription d’un podcast par IA
Vous avez enregistré un podcast, l’IA en fait la transcription.
Résultat : pas IA-contenu créé strictement parlant. Vérifiez l’accuracy ; l’IA hallucine des mots.
Traduction d’un article par IA
Vous couvrez une news en français, l’IA la traduit en anglais.
Résultat : pas IA-contenu créé original. Vérifiez fidélité ; les IA perdent des nuances.
Données, graphiques et cartes générées par IA
Graphique IA généré à partir de données vérifiées
Vous avez les chiffres, l’IA les visualise.
Résultat : pas IA-contenu créé. Pas de label obligatoire.
Carte IA-générée fictive ou manipulée
L’IA crée une carte qui n’existe pas, ou altère géographiquement un lieu.
Résultat : IA-contenu créatif. Labélisez explicitement comme « illustration IA ».
Recherche et fact-check IA
Triage de sources par IA
Vous utilisez ChatGPT pour préfetcher des sources pertinentes, mais vous les vérifiez toutes.
Résultat : pas IA-contenu créé. L’IA a fait du triage ; vous avez fait la création.
Résumé IA publié
Vous laissez ChatGPT générer un résumé de 5 études sur le changement climatique, vous le publiez presque tel quel.
Résultat : IA-contenu créé. Label obligatoire. Risque : l’IA invente des études.
Anticipation et continuité : au-delà de New York
Le New York FAIR News Act n’est que le début. Voici comment se préparer à l’évolution réglementaire.
Autres juridictions : la vague arrive
Le bill New York est le premier texte aux US ciblant explicitement la presse + IA. D’autres états et pays adopteront ou adapteront ce modèle.
En Europe, la directive sur les Services Numériques impose déjà transparence sur contenus manipulés ; une spécification presse + IA suivra probablement. Canada, Royaume-Uni, Australie développent aussi des cadres.
Action immédiate : adoptez un framework interne suffisamment flexible pour s’adapter à d’autres juridictions potentiellement plus strictes.
Évolution de la détection IA
Les outils s’amélioreront, mais resteront imparfaits. Les IA elles-mêmes deviennent plus sophistiquées. Un texte rédigé par le prochain Claude ou GPT-5 sera encore plus difficile à détecter.
Implication : la détection technologique seule sera toujours insuffisante. L’audit humain ne disparaîtra jamais. Investissez dans formation — apprendre aux éditeurs à repérer les signaux reste le filtre le plus fiable.
Documentation et gouvernance
Gardez une trace documentée : qui utilise quelle IA, pour quel contenu ? Quels articles ont été flaggés, audités, labélisés ? Quels faux positifs avez-vous capturés ?
Cette documentation est votre couverture en cas d’audit régulateur. Elle montre que vous avez mis en place un système de bonne foi.
Checklist pratique : lancer votre audit IA interne
Vous pouvez commencer immédiatement, même avant que la régulation new-yorkaise ne s’applique.
Semaine 1 :
- Créer un formulaire interne de déclaration IA.
- Identifier qui doit signer off sur contenu IA.
- Rédiger un brouillon de politique interne « Usage IA en production ».
Semaine 2–3 :
- Audit rétrospectif : quels articles, podcasts ou visuels avez-vous publié ces 6 derniers mois impliquant IA ?
- Auditer ces contenus : labélisés ou pas ? Révisés ou pas ? Documenter les écarts.
- Former les rédacteurs aux signaux de détection.
Semaine 4 :
- Tester un outil de détection IA.
- Évaluer le faux positif rate sur vos archives.
- Décider : intégrez-vous cet outil ? À quel seuil ?
Mois 2 :
- Déployer le formulaire, la politique, former l’équipe.
- Exécuter le workflow 5-étapes sur tout nouveau contenu incluant IA.
- Documenter les décisions, labels, révisions.
Ongoing :
- Revoir tous les 3 mois : quels cas limites avez-vous rencontrés ? Quels ajustements au workflow ?
- Monitorer la régulation. Anticiper.
Pour aller plus loin : responsabilités par rôle
Rédacteurs & contributeurs :
- Déclarez toute utilisation IA avant la soumission.
- Soumettez des contenus vérifiés (sources, citations contrôlées).
- Ne passez jamais de matériel confidentiel ou de sources à des outils IA.
Éditeurs & réviseurs :
- Appliquez la checklist de vérification (sources, citations, structure).
- Isolez et réécrivez les portions suspectes.
- Documentez votre révision.
Managers de contenu & compliance :
- Maintenir le formulaire de déclaration IA.
- Auditer la conformité régulièrement.
- Anticiper l’évolution légale ; adapter la politique.
Leadership / Conseil :
- Clarifier la posture : IA comme outil d’aide ou comme menace ? (Réponse : les deux. Gérez le risque.)
- Budgéter formation, outils et temps de révision humaine.
- Communiquer transparence aux lecteurs. C’est votre crédibilité.
Conclusion
Les newsrooms n’ont pas le luxe de l’indifférence. L’IA générative est déjà dans la chaîne de production — utilisée par des contributeurs, des outils d’editing, peut-être votre plateforme elle-même.
Le choix n’est pas « IA ou pas IA ». C’est « IA contrôlée ou IA qui vous contrôle ».
Le framework présenté ici — détection via signaux humains et outils, workflow 5-étapes, étiquetage explicite, audit documenté — est déjà requis par la loi dans New York (potentiellement mai 2026). C’est aussi simplement une bonne pratique : restaure la confiance, protège vos employés, préserve l’intégrité de votre newsroom.
Les conférences académiques fermaient déjà leurs portes au slop IA en février 2026. La presse ne peut pas rester passive. Commencez l’audit interne maintenant. Adoptez les 5 étapes. Étiquetez le contenu. Documentez tout. Et rappelez à votre audience qu’un humain, quelque part, a réfléchi avant de publier.
FAQ
Quelles obligations légales impose le New York FAIR News Act pour le contenu IA en presse ?
Le FAIR News Act (2026) impose aux organisations de presse : (1) étiquetage explicite de tout contenu « substantiellement » généré par IA, (2) révision humaine obligatoire avant publication, (3) protections des sources journalistiques contre l’accès IA, (4) interdiction de réductions d’emploi liées à l’adoption IA.
Comment repérer un article généré par IA avant publication ?
Cherchez : (1) formules textuelles répétitives (« delve into », « seamlessly integrate »), (2) ton uniformément académique sans variation naturelle, (3) citations halluccinées ou génériques, (4) absence de reporting original/terrain, (5) chronologie bancale, (6) aucune trace de source confidentielle ou d’investigation.
Quel workflow mettre en place pour auditer le contenu IA en rédaction ?
5 étapes : (1) déclaration préalable de toute utilisation IA, (2) scan automatisé (GPTZero, Copyleaks si disponible), (3) vérification manuelle exhaustive (sources, citations, structure), (4) audit de sourcing et confidentialité avant passage en IA, (5) labélisation transparente et documentation complète.
Quels outils existent pour détecter du contenu généré par IA ?
Outils disponibles : Copyleaks, GPTZero, Turnitin, Content at Scale, OpenAI Moderation API (multimodale). Limite : aucun n’approche 100 % de fiabilité. À utiliser comme alerte (>70 % score = escalade manuelle), jamais comme verdict seul. L’audit humain reste indispensable.
Comment labéliser légalement du contenu IA selon le FAIR News Act ?
Audio : déclaration orale audible en début (« Cet article a été créé avec assistance IA »). Écrit : étiquette « conspicuous » visible haut de l’article avant le texte. Images IA : caption ou balise alt explicite. Obligation si >30 % du contenu provient d’une sortie IA non révisée.
Sources
- https://www.nature.com/articles/d41586-025-03967-9
- https://www.hollywoodreporter.com/business/business-news/seedance-2-0-sparks-hollywood-backlash-1236505120/
- https://techcrunch.com/2026/02/14/hollywood-isnt-happy-about-the-new-seedance-2-0-video-generator/
- https://www.niemanlab.org/2026/02/a-new-bill-in-new-york-would-require-disclaimers-on-ai-generated-news-content/
- https://www.insideradio.com/free/new-york-bill-would-require-ai-labels-on-news-content/article_d381fff5-1cf1-4986-9a1c-b1cbeb68acd9.html
- https://www.theatlantic.com/science/2026/01/ai-slop-science-publishing/685704/
- https://nationaltoday.com/us/ny/new-york/news/2026/02/07/new-york-bill-mandates-ai-generated-news-labels-human-review/
- https://getstream.io/blog/ai-content-moderation/
- https://www.bynder.com/en/blog/ai-content-moderation/
- https://www.oversightboard.com/news/content-moderation-in-a-new-era-for-ai-and-automation/
- https://link.springer.com/article/10.1007/s10462-025-11328-1
- https://medium.com/@API4AI/content-moderation-at-scale-balancing-speed-ethics-005e7c840157
- https://openai.com/index/upgrading-the-moderation-api-with-our-new-multimodal-moderation-model/
- https://www.precedenceresearch.com/content-detection-market
- https://cacm.acm.org/blogcacm/the-ugc-overload-scaling-content-moderation-for-massive-datasets/
- https://www.inta.org/perspectives/features/how-social-media-platforms-are-responding-to-ai-driven-ip-risks/
- https://publicknowledge.org/tackling-ai-and-executing-the-vision/










