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Les CEO s’emparent de la gouvernance IA : comment la stratégie quitte les labos pour intégrer l’entreprise

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En un an, la proportion de CEO décideurs en IA a doublé (37 % → 74 %). Parallèlement, les investissements IA vont doubler en 2026, passant de 0,8 % à 1,7 % des revenus. Cette étude BCG révèle une transformation structurelle : l’IA n’est plus l’apanage des équipes technologiques, mais un enjeu de gouvernance au cœur de la stratégie d’entreprise.

Pourquoi les CEO captent la décision IA

Ce basculement n’est pas anecdotique. L’IA affecte désormais l’ensemble du fonctionnement organisationnel : stratégie commerciale, modes de travail, culture d’entreprise, gestion des risques, structuration des talents. Aucune fonction métier ne peut l’ignorer.

Historiquement, les décisions technologiques étaient déléguées aux directeurs informatiques (DSI) ou aux responsables d’innovation. L’IA a changé cette hiérarchie. Les CEO reconnaissent qu’il s’agit d’une question transversale, au cœur du modèle économique, bien au-delà du domaine technique. Seul un leader ayant la perspective de l’ensemble de l’organisation, et l’autorité pour coordonner les arbitrages, peut naviguer cette complexité.

D’où cette concentration du pouvoir décisionnel au niveau exécutif suprême.

L'accélération budgétaire : signature d'une intégration stratégique

Le doublement des investissements prévu pour 2026 ne relève pas d’une simple augmentation comptable. Il englobe plusieurs domaines clés : infrastructures technologiques et données, montée en compétences de la main-d’œuvre, déploiement de services tiers, acquisition et intégration d’agents IA.

Cette composition révèle l’ampleur réelle du changement. Il ne s’agit pas uniquement d’acheter des serveurs ou des logiciels. Les entreprises investissent massivement dans la transformation du travail lui-même : formation, réorganisation des processus, changement culturel.

Les disparités sectorielles

L’engagement n’est toutefois pas uniforme. Les écarts sectoriels reflètent des différences en matière de maturité des données, de cadre réglementaire et de modèles commerciaux.

SecteurBudget IA en 2026
Technologie~2 % des revenus
Finance~2 % des revenus
Industrie<1 % des revenus
Immobilier<1 % des revenus

Trois trajectoires, trois visions du leadership IA

L’étude BCG identifie trois profils distincts de CEO, chacun adoptant une posture différente face à l’IA.

Les suiveurs (15 %)

Ces CEO testent, explorent, attendent. Ils lancent des projets pilotes limités, observent les résultats et ne se pressent pas à passer à l’échelle. Leur confiance dans le retour sur investissement reste faible, partagés entre la crainte de mal évaluer le potentiel et celle d’être rattrapés par des concurrents plus engagés.

Les pragmatiques (70 %)

C’est la majorité. Ils investissent de façon localisée et progressive, en ciblant des secteurs d’activité précis où l’IA promet des gains clairs. Consacrant environ sept heures par semaine à la formation, la coordination et la compréhension des enjeux, ces CEO s’appuient sur les premiers résultats concrets pour justifier chaque nouvelle phase d’expansion.

Les pionniers (15 %)

Ces CEO placent l’IA au cœur de la stratégie d’entreprise. Ils investissent massivement et en continu, créant une boucle vertueuse où l’IA devient une priorité absolue, l’allocation de ressources s’intensifie, la formation accélère (touchant 75 % de l’effectif), l’adoption s’étendue rapidement, et les succès justifient des investissements encore plus ambitieux.

Les pionniers consacrent plus de 50 % de leur budget IA aux agents IA et sont deux fois plus nombreux que les suiveurs à déployer des agents systématiquement sur des workflows complets.

L'optimisme sur le ROI et le rôle central des agents IA

Quatre CEO sur cinq déclarent être plus confiants dans le retour sur investissement de leurs projets IA qu’il y a un an. Cette confiance croissante s’explique en grande partie par la maturation des agents IA, des systèmes capables de planifier des actions de manière autonome, d’apprendre en continu, de compléter des séquences de tâches complexes, d’interagir avec plusieurs outils informatiques et de réduire l’intervention humaine.

Près de 90 % des CEO croient que les agents IA produiront des retours mesurables en 2026. La vision qu’ils portent est celle d’organisations plus plates, où les workflows sont plus fluides et où les décisions peuvent être prises en temps réel grâce à l’analyse et l’exécution automatisées.

À noter : Cette conviction repose sur l’optimisme des CEO, non sur des preuves actuelles de déploiement large. Les agents IA restent une technologie jeune, dont la capacité à tenir les promesses du moment n’a pas encore été validée à grande échelle.

Les tensions cachées : asymétries de confiance

La géographie de l'optimisme

L’étude révèle un écart marqué entre l’Est et l’Ouest :

  • Inde et Chine : environ 75 % des CEO confiants dans le ROI IA
  • Royaume-Uni, États-Unis, Europe occidentale : 50 à 60 % confiants

La pression exercée par les investisseurs des marchés occidentaux l’explique partiellement. Les actionnaires des sociétés cotées en Europe ou en Amérique du Nord exigent des résultats rapides. Les CEO occidentaux subissent donc un scrutin plus intense, ce qui tempère leur optimisme.

L'écart CEO-opérationnels

CatégorieConfiance ROI
CEO62 %
Cadres dirigeants non-tech48 %
Écart+14 points

Ce décalage soulève une question inconfortable : le CEO perçoit-il quelque chose que les autres n’aperçoivent pas, ou surjuge-t-il les opportunités tandis que ses pairs opérationnels, plus proches des réalités de mise en œuvre, sont plus lucides sur les défis ?

Le prix du leadership IA

La moitié des CEO interrogés estiment que leur poste est en jeu si l’IA ne produit pas de retours substantiels. Cette évaluation est plus qu’une posture. Les attentes des conseils d’administration, des actionnaires et des médias convergent : les investissements IA doivent se traduire par des résultats concrets et rapides.

Cette pression engendre deux effets contraires. Elle peut catalyser la sortie de l’expérimentation perpétuelle, forçant les organisations à engager des transformations réelles. Mais elle peut aussi pousser les dirigeants à des promesses démesurées et à un court-termisme stratégique, au détriment des transformations plus profondes qui nécessitent du temps.

Ce qui comptera en 2026 : cinq priorités stratégiques

L’étude BCG propose un ensemble de priorités pour les CEO cherchant à naviguer cette accélération.

1. Classer l’IA parmi les trois priorités stratégiques

Pour un tiers des entreprises interrogées, l’IA n’est toujours pas classée parmi les trois priorités stratégiques. Celles-ci courent le risque de voir un concurrent plus engagé leur ravir des parts de marché.

2. Investir dans la formation personnelle du leader

Les CEO qui s’autoforment sur l’IA, qui la testent et la pratiquent, comprennent mieux ses possibilités et ses limites. Cette fluence personnelle conditionne la qualité des arbitrages stratégiques.

3. Orienter les investissements vers les agents IA et les workflows de bout en bout

Ce ne sont pas des gadgets. Les agents IA constituent le vecteur principal d’automatisation et de création de valeur.

4. Miser sur les talents et le changement managérial

Le succès reposera sur la montée en compétences rapide, la formation massive, la réorganisation des rôles et l’adaptation culturelle, bien plus que sur la pure performance technologique.

5. Mesurer le retour sur investissement

En 2026 et au-delà, le vrai test sera le ROI mesurable, pas les projections optimistes ou les promesses technologiques. Les directeurs généraux s’y préparent. Les attentes, elles, ne tarderont pas à suivre.

Conclusion : l'IA, question de gouvernance et non de technologie

La centralité du CEO dans la décision IA n’est pas une mode passagère. Elle reflète un changement structurel : l’IA n’est plus un projet informatique, c’est une question de gouvernance d’entreprise, au même titre que la stratégie financière ou la gestion des risques. Et comme toute question stratégique, c’est au sommet que se prennent les vraies décisions.

FAQ

Combien de CEO sont responsables des décisions IA ?

74 % des directeurs généraux se déclarent principaux décideurs en matière d’IA, contre 37 % un an auparavant.

Quels secteurs investissent le plus en IA en 2026 ?

La technologie et la finance visent 2 % de leurs revenus ; l’industrie et l’immobilier restent sous 1 %.

Qu'est-ce qui explique l'optimisme des CEO sur le ROI IA ?

La maturation des agents IA et les premiers résultats concrets, notamment chez les pionniers.

Quel est l'écart de confiance ROI entre CEO et cadres opérationnels ?

62 % des CEO se disent confiants contre 48 % des cadres dirigeants non-tech, un écart de 14 points.

Pourquoi l'IA passe-t-elle sous le contrôle du CEO et non du DSI ?

L’IA affecte la stratégie commerciale, la culture et tous les métiers, bien au-delà du domaine technologique.

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