Depuis 2026, une pénurie mondiale de DRAM frappe les géants de la technologie. Catalysée par la demande explosive de l’IA générative, cette crise affecte iPhones, serveurs et véhicules électriques, forçant Apple et Tesla à réviser marges et production à la baisse.
Les signaux d'alerte des géants de la tech
La DRAM — mémoire vive équipant smartphones, ordinateurs, serveurs et voitures — connaît depuis le début 2026 une raréfaction sans précédent. Tim Cook (Apple) et Elon Musk (Tesla) ont publiquement averti que cette pénurie comprimera directement leurs marges et leurs capacités de production.
Ces déclarations marquent l’entrée officielle dans une crise majeure. Micron Technology, l’un des trois géants mondiaux de la fabrication de DRAM, la qualifie d’« sans précédent » et signale que les tensions s’étendront bien au-delà de 2026 : il ne s’agit pas d’un simple soubresaut cyclique, mais d’une tension structurelle prolongée.
Pourquoi la DRAM manque-t-elle ?
L'explosion de la demande liée à l'IA générative
La source de cette pénurie est directe : les modèles de langage de grande taille, les GPUs haute performance et les data centers dédiés à l’IA générative consomment des quantités monumentales de DRAM.
Cette nouvelle demande s’ajoute aux besoins existants — centres de calcul classiques, grand public, automobile électrique — mais à un rythme sans précédent. Contrairement aux cycles antérieurs, cette montée en puissance de l’IA a dépassé la capacité de production existante de façon abrupte, sans anticipation possible.
Un déséquilibre offre-demande structurel
La production de DRAM ne peut pas suivre un rythme d’augmentation aussi brutal. Les usines de semiconducteurs, qui prennent plusieurs années à construire, constituent un goulot d’étranglement incontournable. Aucune solution rapide n’existe.
Comment l'industrie réagit-elle ?
Initiatives d'urgence
Elon Musk a annoncé la construction d’une « terafab » interne pour Tesla, destinée à réduire la dépendance aux fournisseurs tiers. Cette décision reflète la conviction que le marché restera tendu durablement et que l’autonomie en production est devenue stratégique.
Micron, Samsung et SK Hynix multiplient les initiatives pour augmenter leur capacité, mais les délais de mise en ligne restent mesurés en années.
Le dilemme des fabricants de puces
Les constructeurs font face à un choix stratégique délicat : investir massivement (plusieurs milliards de dollars) dans de nouvelles capacités, risquer une perte si la demande IA ralentit, ou subir une aggravation si elle accélère encore.
Conséquences prévisibles
Pour les consommateurs et les entreprises
Les prix des iPhones, ordinateurs portables et voitures intelligentes risquent d’augmenter pour compenser les coûts additionnels. Les marges des géants de la tech se comprimeront, tandis que les délais d’approvisionnement s’allongeront sur les produits haut de gamme.
Pour les data centers et le cloud
La pénurie crée un goulot d’étranglement direct : moins de mémoire disponible signifie moins de capacité à déployer des applications IA. Cela pourrait freiner le déploiement d’IA générative chez les entreprises.
Une tension structurelle, pas conjoncturelle
Micron annonce une prolongation de la pénurie au-delà de 2026, mais la date précise de normalisation reste inconnue. Plusieurs scénarios coexistent : atténuation progressive au cours de 2027, stabilisation prolongée, ou basculement brutal si la demande IA ralentit.
La pénurie de DRAM illustre une réalité souvent invisible : l’infrastructure matérielle ne suit pas aussi vite que les innovations logicielles. L’IA générative a créé une demande exponentielle de ressources que la chaîne d’approvisionnement mondiale n’était pas préparée à absorber.
Tant que les fabricants de puces ne parviendront pas à augmenter significativement leur capacité, cette tension restera un frein structurel à la croissance du secteur technologique et à la vitesse de déploiement de l’IA générative à grande échelle.










