ByteDance a lancé Seedance 2.0 le 14 février 2026, un générateur vidéo IA permettant de créer des clips en simple description textuelle. En quarante-huit heures, la Motion Picture Association, Disney et SAG-AFTRA ont exigé son arrêt immédiat, l’accusant de générer massivement des vidéos avec des acteurs réels et des personnages propriétaires sans autorisation.
Qu'est-ce que Seedance 2.0 ?
Seedance 2.0 est un générateur vidéo IA lancé par ByteDance le 14 février 2026. Le service crée des vidéos de 15 secondes à partir d’une description textuelle simple.
Le service est actuellement accessible aux utilisateurs chinois via l’application Jianying, avec un déploiement global prévu via CapCut, la plateforme de montage vidéo de ByteDance.
Un générateur vidéo sans garde-fous apparents
Selon TechCrunch, Seedance 2.0 souffre d’un manque apparent de mécanismes de sécurité. Les utilisateurs peuvent générer des vidéos mettant en scène des acteurs réels comme Tom Cruise ou Brad Pitt, ou des personnages propriétaires de studios.
Une démonstration publiée sur X montre une vidéo créée en deux lignes de texte : Tom Cruise face à Brad Pitt. Le scénariste Rhett Reese (Deadpool) a commenté : « It’s likely over for us » (« C’est probablement fini pour nous »), reflétant l’inquiétude immédiate des créatifs hollywoodiens.
Les accusations
La Motion Picture Association dénonce l'« utilisation massive et non autorisée »
Charles Rivkin, PDG de la Motion Picture Association, a exigé que ByteDance « cesse immédiatement » ses activités :
« En un seul jour, le service IA chinois Seedance 2.0 s’est engagé dans l’utilisation non autorisée d’œuvres protégeables américaines à une échelle massive. En lançant un service qui fonctionne sans garde-fous significatifs contre les infractions, ByteDance ignore la loi sur les droits d’auteur bien établie qui protège les droits des créateurs et soutient des millions d’emplois américains. »
Le ton direct — sans conditionnel — marque une escalade juridique. La MPA invoque les conventions de droit d’auteur « bien établies », positionnant ByteDance comme contrevenant flagrant plutôt que comme opérateur dans une zone grise.
Disney : mise en demeure pour appropriation de personnages
Disney a envoyé une mise en demeure à ByteDance (rapportée par Axios). Le groupe accuse le service d’avoir généré des vidéos reproduisant Spider-Man, Darth Vader et Grogu. Disney y voit un « virtual smash-and-grab » : appropriation des personnages, reproduction, distribution et création d’œuvres dérivées sans autorisation.
Un contraste important : Disney a signé un accord de trois ans avec OpenAI pour intégrer Sora, un générateur vidéo techniquement similaire. Cette différence souligne que l’enjeu réside moins dans la technologie que dans l’absence d’accord contractuel et le non-respect de la propriété intellectuelle.
SAG-AFTRA : l'unité syndicale
Le syndicat des acteurs condamne Seedance 2.0 comme une « infraction manifeste ». Sa déclaration s’inscrit dans la Human Artistry Campaign, une initiative plus large qualifiant le service d’« attaque contre les créateurs du monde entier ».
Cet alignement entre studios, guildes et organismes professionnels crée un front unifié : les trois protagonistes formulent des accusations parallèles sans fissure apparente.
Ce qui reste incertain
ByteDance n’a pas réagi publiquement aux accusations. TechCrunch, ayant sollicité le groupe, n’a rapporté aucune réponse à ce jour.
Le calendrier exact du déploiement global via CapCut reste flou. Les intentions de ByteDance — négociation future de licences, ajustement des garde-fous, ou contestation juridique — n’ont pas été clarifiées.
Aucune analyse juridique complète n’a encore établi le cadre applicable précis (loi sur les droits d’auteur américaine, Digital Millennium Copyright Act) à cette situation spécifique.
L'escalade prévisible
L’affrontement entre ByteDance et Hollywood devrait s’accélérer. Les étapes probables : réaction officielle de ByteDance, dépôts judiciaires possibles de Disney ou la MPA, débats plus larges sur les responsabilités des plateformes IA generative.
Seedance 2.0 cristallise une tension déjà visible avec Sora : faut-il réglementer l’entraînement des modèles IA sur contenus protégeables, ou contrôler l’output à la génération ? Hollywood opta clairement pour la première approche, exigeant des garde-fous en amont plutôt qu’en aval.
FAQ
Qu'est-ce que Seedance 2.0 et comment fonctionne ce générateur vidéo ?
Seedance 2.0 est un générateur vidéo IA lancé par ByteDance le 14 février 2026. Le service crée des vidéos de 15 secondes à partir d’une description textuelle simple. Il est actuellement accessible aux utilisateurs chinois via l’application Jianying, avec un déploiement global prévu via CapCut, la plateforme de montage vidéo de ByteDance.
Pourquoi Hollywood demande-t-il l'arrêt immédiat de Seedance 2.0 ?
Hollywood exige l’arrêt de Seedance 2.0 car le service souffre d’un manque apparent de mécanismes de sécurité. Les utilisateurs peuvent générer des vidéos mettant en scène des acteurs réels comme Tom Cruise ou Brad Pitt, ou des personnages propriétaires de studios, sans autorisation. La Motion Picture Association, Disney et SAG-AFTRA dénoncent l’utilisation massive et non autorisée d’œuvres protégeables.
Quelles sont les accusations exactes de violation des droits d'auteur contre ByteDance ?
Les accusations incluent : la MPA dénonce l’« utilisation non autorisée d’œuvres protégeables américaines à une échelle massive » et affirme que ByteDance ignore la loi sur les droits d’auteur bien établie. Disney accuse le service d’avoir généré des vidéos reproduisant Spider-Man, Darth Vader et Grogu, qualifiant cela d’appropriation des personnages, reproduction, distribution et création d’œuvres dérivées sans autorisation. SAG-AFTRA condamne Seedance 2.0 comme une « infraction manifeste » dans le cadre de sa Human Artistry Campaign.












